Délestages : écoles, ehpad ou publicité, il faut choisir !
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La Première ministre a adressé une circulaire aux préfectures dans laquelle elle acte la fermeture cet hiver de services essentiels comme les écoles, ou fait l’impasse sur la situation des ehpad, pour pallier à la pénurie d’électricité. Car si les écoles sont bien mentionnées dans la circulaire, EELV s’interroge aussi sur la situation des Ehpad.

Une fois de plus, le Gouvernement nous entraîne dans la voie du pire. Son inaction face à la crise énergétique et climatique se traduit par un abandon programmé des services publics essentiels mais non critiques, des personnes âgées, des équipes éducatives, des élèves et de leurs parents.

Cette pénurie peut et doit être évitée en contraignant enfin les secteurs commerciaux et tertiaires à tenir leurs engagements de sobriété énergétique, notamment le gaspillage de l’éclairage nocturne des bâtiments et des publicités lumineuses, en mettant en œuvre un vrai plan de sobriété juste et efficace, avec une politique volontariste d’isolation des bâtiments tel que proposée par EELV 

De plus, sur le long terme, il est impératif de cesser de soutenir une technologie, le nucléaire, qui reste aujourd’hui défaillante (16 des 56 réacteurs français sont toujours à l’arrêt à date) et qui nous enferme dans un modèle productiviste. Le réseau électrique est dans une situation d’insécurité et donc à la merci de la moindre indisponibilité de lignes haute tension, d’interconnexions  électriques défaillantes entre pays européens ou de tout arrêt d’urgence de réacteurs. Qui peut garantir dans ces conditions qu’un black-out n’arrivera pas ? Serons-nous prêt.e.s à faire face à cette éventualité ? 

C’est donc l’heure des choix !

D’autres solutions existent pour faire face à cette urgence, comme informer et préparer la population en lui donnant des consignes claires. Par son incurie, le Gouvernement renvoie à la communauté éducative, aux personnes dépendantes et malades, aux particuliers et aux collectivités le poids d’un scénario aux conséquences sociales et économiques lourdes. Il suffit de se représenter par exemple le gaspillage alimentaire qui va peser sur la restauration collective en cas de coupures ou les problèmes logistiques de prise en charge des personnes malades, handicapées ou âgées pour entrapercevoir ces conséquences.

C’est pourquoi EELV réclame également que le Gouvernement entame dès à présent, avec les acteurs concernés (collectivités, acteurs techniques, partenaires sociaux) une réflexion urgente pour protéger les services publics essentiels, lorsque se présenteront des situations critiques.

EELV insiste pour que ce plan d’urgence soit soumis au Parlement, dont la mise à l’écart montre une fois de plus le mépris avec lequel le Gouvernement traite les institutions démocratiques. Les critères de sélection des sites critiques doivent être au minimum exposés à la représentation nationale. 

Sophie Bussière et Aminata Niakaté, porte-paroles EELV
Les commissions Energie-Climat et Education Enfance Formation