Centre de Rétention Administrative de Mérignac : le symbole d’une politique migratoire inhumaine
Partager

Le ministre de l’Intérieur a tranché, le plus grand CRA de France verra le jour à Mérignac.
Une décision qui intervient cinq mois après le vote en Conseil de Métropole d’une délibération destinée à faciliter le processus d’implantation du nouveau CRA. Délibération que notre groupe n’avait pas soutenue.

Pour rappel, s’il voit le jour, ce nouveau centre permettra d’ici deux ans :
• De créer 140 places d’enfermement sur le territoire
• De porter la durée maximale d’enfermement à 120 jours, contre 45 aujourd’hui
• De construire des chambres familiales, alors qu’actuellement seuls les hommes peuvent être retenus

Pour Sylvie Cassou-Schotte « quelles que soient les garanties obtenues par la préfecture, la construction de chambres familiales permettra bel et bien d’enfermer des familles, et donc des
enfants.
»

Si l’on peut « espérer » des locaux moins vétustes que ceux de Mériadeck, l’exemple du nouveau CRA de Lyon confirme nos craintes d’une « prison dernier modèle avec portes sécurisées, caméras, secteurs compartimentés, etc. tout cela pour des personnes retenues et non détenues » rappelait Laure Curvale.

Quant à la question de l’accès aux droits des migrants, nous n’avons pu obtenir aucune garantie particulière de la Préfecture, ni même un droit de visite annuel des élus métropolitains, qui nous permettrait d’appuyer le travail déjà difficile des associations.

Un manque d’accès qui nous inquiète particulièrement, alors que l’État vient récemment d’écoper d’une 9ème condamnation par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, sur fond de traitement inhumain et dégradant envers les enfants enfermés.

Ce projet s’inscrit dans une séquence migratoire nationale à contre temps des enjeux humanitaires discutés actuellement à la COP 27. Rappelons que d’ici 2050, 220 millions de personnes seront réfugiées climatiques parce que leur lieu de vie sera tout simplement rendu inhabitable.

Alors même que les pays développés sont très largement responsables du dérèglement climatique « la réponse que nous leurs donnerons ne peut être celle d’une énième loi sécurité » rappelle Clément Rossignol-Puech, évoquant le projet de loi immigration qui prévoit notamment de porter la capacité d’enfermement des migrants à 3 000 places.

Aujourd’hui, le groupe Écologie et Solidarités de Bordeaux Métropole réaffirme son opposition à la politique migratoire de l’État, tristement symbolisée par le principe même des centres de rétention administrative.