Squat Ramadier de Cenon : contre les expulsions brutales, pour des lieux d’accueil dignes
Partager

Communiqué de presse
Pour Cenon, les formations politiques signataires

Cenon en commun, Parti Communiste Français, Parti Socialiste,
La France Insoumise, Europe Ecologie Les Verts

Le 11 février dernier, à 6h du matin, l’ancienne Résidence pour Personnes Agées (RPA) Paul Ramadier, où s’étaient réfugiées, depuis novembre 2019, des personnes sans-abris, a été évacuée par la Préfecture. Sur les 123 personnes recensées jeudi matin, 58 ont été prises en charge par les services de la préfecture. Les autres résidents qui avaient quittés les lieux dans la nuit ou qui ont refusé de monter dans des bus affrétés à leur attention sont aujourd’hui en errance.

Des associations et collectifs humanitaires, des syndicats, des partis politiques, des personnalités et des citoyens venant de tous horizons ont fait entendre leurs voix pour dénoncer la soudaineté et la brutalité de cette expulsion pendant la trêve hivernale et en pleine pandémie de Covid 19.

A la lecture des justifications de Mme la Préfète et face à certaines mises en accusation de sa part, nous tenons à réaffirmer ici que :

  • cette expulsion a été menée sans enquête sociale sérieuse comme s’étaient engagés les services préfectoraux. Nous avons assisté à un simple enregistrement des identités des personnes expulsées réalisé sur une table dressée dans la nuit pendant l’expulsion.
  • une expulsion menée à 6 heures du matin par deux escadrons de gendarmerie est forcément un moment traumatisant. Nous l’avons lu dans le regard hagard de ces enfants, cartable sur le dos, incrédules au milieu des effets personnels de la famille à nouveau en errance. Rien ne justifie un tel déploiement de forces, d’autant plus quand le public concerné est majoritairement composé de familles avec enfants.
  • de très nombreux résidents de Ramadier étaient en situation administrative régulière sur notre territoire – étrangers malades, étrangers en situation régulière, demandeurs d’asile, Français sans domicile fixe. Ces personnes étaient donc en droit d’attendre que l’Etat assure ses responsabilités en matière de logement pour tous.

Nous tenons à souligner que :

  • du fait de l’absence d’enquête sociale, les solutions proposées par la Préfecture aux résidents s’avèrent inadaptées et autoritaires. De nombreux résidents sont pour la plupart intégrés dans le tissu socio-économique du département. Il paraît donc inconcevable de demander à une personne travaillant dans la Métropole, à des familles dont les enfants sont scolarisés sur d’autres communes métropolitaines, à des malades suivant un traitement spécifique, de s’installer, du jour au lendemain, à Limoges, Angoulême, Parthenay ou Guéret.
  • face à l’inaction de l’Etat, les associations et les bénévoles aujourd’hui injustement mis en cause par Mme la Préfète, ont assuré avec dignité et responsabilité l’accompagnement et l’intégration des personnes réfugiées à Ramadier. Nous tenons à saluer leur implication quotidienne et constante auprès des résidents. Ainsi, grâce à elles, de nombreux enfants ont été préservés cette nuit-là de la confrontation avec la police en étant accueillis pour la nuit.
  • Ramadier n’avait certes pas vocation à être occupé de manière pérenne. Mais ce lieu autogéré par les résidents avec les associations et autres bénévoles s’est révélé être un refuge en attendant des solutions durables et acceptables pour tous. Nous faisons donc la constatation que cette occupation est riche d’enseignements et qu’avec la volonté des pouvoirs publics, nous devons arriver à proposer des lieux d’accueil dignes et structurants pour des populations précaires et sans abris.
  • Nous demandons donc à l’Etat et à ses représentants de cesser ces expulsions indignes et inutiles puisqu’elles n’apportent aucune solution et sont source de traumatismes pour des femmes, hommes et enfants.

Nous souhaitons que les associations ne soient pas considérées comme des freins mais comme des partenaires incontournables qui doivent être concertées aux côtés des collectivités afin de trouver à chaque personne « sans toit » une solution adaptée à sa situation.

Pour Cenon, les formations politiques signataires
Cenon en commun, Parti Communiste Français, Parti Socialiste, La France Insoumise, Europe Ecologie Les Verts