Pourquoi l’arrivée d’Amazon dans le Béarn est une mauvaise nouvelle pour l’emploi, pour la fiscalité et pour l’environnement
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Europe Ecologie Les Verts Béarn ne comprend pas que les élus de la Communauté de communes Nord-Est-Béarn organisent ainsi la braderie du patrimoine agricole et foncier de notre territoire, au bénéfice d’activités polluantes, économiquement et socialement dévastatrices.

1. Au global, les pertes d’emplois seront considérables

L’installation de la plateforme d’Amazon à Berlanne va causer la perte de plus de 600 emplois.

Dans une note publiée en novembre 2019, l’ancien secrétaire d’Etat d’Emmanuel Macron, Mounir Mahjoubi, affirmait qu’Amazon détruisait jusqu’à 2,2 emplois à chaque fois qu’il en créait un. (source: journal Le Monde, 20 novembre 2020).

Le projet de Berlanne prévoit la création de 280 emplois directs et indirects, la répercussion sur le reste de l’économie sera donc la perte de près de 616 emplois. Soit la destruction nette de 336 emplois.

Les écologistes considèrent que les décisions politiques conduisant directement à la destruction d’une quantité aussi importante d’emplois sont irresponsables.

Quant aux 280 emplois tout de même créés à Berlanne, de quels types d’emplois parle-t-on ? Le modèle organisationnel et de management d’Amazon repose sur une pressurisation intense et permanente des salariés et des sous-traitants.

Des syndicats français et américains ont récemment dénoncé les énormes pressions que leur faisait subir l’entreprise. Le groupe avait même publié une annonce pour le recrutement d’un ou une «analyste en renseignement» dont le but était de surveiller la «menace des organisations syndicales» (source : journal Le Monde, 20 novembre 2020).

2. La collectivité va s’appauvrir économiquement et les recettes fiscales ne seront pas au rendez-vous

Le président de la Communauté de communes Nord-Est-Béarn, Thierry Carrère, compte sur une hausse de la contribution fiscale. Il se trompe lourdement.

L’essentiel de la fiscalité d’Amazon en Europe est payé au Luxembourg, là où l’entreprise a installé son siège social et la totalité de ses services informatiques et activités techniques et commerciales.

Les ressources foncières de notre territoire vont donc être consacrées à l’accueil d’une entreprise qui pratique l’évasion fiscale à grande échelle.

D’autre part, Amazon ne s’installe jamais sans bénéficier d’exonération totale ou partielle du peu de taxes locales qui pourraient lui être demandées.

La réalité c’est que la Communauté de communes Nord-Est-Béarn ne percevra que quelques miettes du potentiel de contribution fiscale d’Amazon.

EELV Béarn recommande que la priorité soit donnée à l’installation d’entreprises dont la substance fiscale soit effectivement déclarée sur notre territoire, afin qu’elles puissent participer équitablement à sa solidarité, à son développement et à sa préservation.

3. Les conséquences sur l’environnement seront désastreuses

En France, entre 20 000 et 30 000 hectares sont artificialisés chaque année. Cette artificialisation augmente presque 4 fois plus vite que la population, et a des répercussions directes sur la qualité de vie des citoyens mais aussi sur l’environnement (source : ministère de la transition écologique).

C’est dans cette dynamique que s’inscrit la vente de 40.000 m2 de terres agricoles à Berlanne pour y installer des entrepôts logistiques. D’autant que le projet s’entend avec la construction d’un échangeur autoroutier attenant.

Les zones naturelles sont en voie de disparition. La recherche des petits profits à court terme par la bétonisation de notre environnement à long terme, accélère l’effondrement des espèces et augmente toutes les sources de pollution. Cela réduit encore plus la capacité qu’auront les générations futures, nos enfants, à vivre sur un territoire qui ne menace pas directement leur santé.

Par ailleurs, le développement d’une agriculture locale, saine et nourricière pour l’ensemble de la population qui passe par l’installation de nombreux agriculteurs paysans est rendue impossible par la pression foncière et l’artificialisation des sols telle que celle qui va avoir lieu à Berlanne.

EELV Béarn recommande que le foncier encore non artificialisé soit sanctuarisé et que son accès soit strictement limité à des activités économiques écologiquement et socialement responsables.

4. EELV Béarn n’est pas contre le commerce en ligne

Le problème c’est Amazon et son impact désastreux sur notre société, pas le commerce en ligne.

De manière générale, le commerce en ligne fait partie de nos modes de vie. Il n’est pas question de le remettre en cause. Dans certains cas, il est un facteur de réduction des fractures territoriales en rendant accessibles à certains bassins de population des biens et des services dont ils ont toujours été privés jusqu’à présent, par rapport aux habitant.e.s des zones urbaines par exemple.

EELV Béarn recommande cependant que le développement de ces activités, comme d’autres, soit encadré par les pouvoirs publics et les collectivités pour qu’il ne se fasse pas, encore une fois, au détriment de l’environnement, de l’économie locale et de la qualité de vie des générations futures.

Le commerce en ligne ne doit pas être un concurrent pour les commerces traditionnels et les commerces de proximité, il doit au contraire être un outil de pérennisation et un relais d’activité, tel que c’est de plus en plus le cas dans la crise COVID que nous traversons.

Faisons du commerce en ligne un de nos atouts, plutôt que de lui livrer notre territoire en pâture, comme ça va être le cas à Berlanne.

Julien BRUNEL
Co Porte Parole EELV Béarn

crédits : Supporterhéninois, CC0, via Wikimedia Commons