Zone libre de Cenon : Allons-nous jeter 300 personnes à la rue ?
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communiqué de presse
EELV Rive-Droite Hauts de Garonne
20 octobre 2020

300 personnes dont 115 enfants pourraient se retrouver à la rue, d’un moment à l’autre, si la menace d’expulsion de la résidence Ramadier, à Cenon, est mise à exécution.

Nous, membres d’Europe Écologie les Verts, militant-e-s et élu-e-s, demandons instamment au bailleur « social » Enéal (ex-Logevie) et à ses administrateurs (notamment les Présidents de la Métropole et du Département, ainsi que le Maire de Bordeaux) de surseoir à cette expulsion.

Depuis bientôt un an, femmes, hommes, et enfants ont trouvé refuge dans l’ancienne résidence pour personnes âgées Ramadier, recréant un lieu de vie, un cocon familial.

Certains les qualifient de sans-papiers, mais la grande majorité est en situation régulière : étrangers malades, demandeurs d’asiles, salariés, étrangers ayant reçu le droit d’être en France. Les enfants sont scolarisés et la plupart d’entre eux parcourent chaque matin la Métropole pour se rendre à l’école.

On parle beaucoup du droit des propriétaires à expulser, de celui des promoteurs à construire, mais le droit de ces familles est bafoué : les droits au logement et à la réquisition ne sont pas appliqués. La Préfecture de son côté n’a jamais mené l’enquête sociale qu’elle a l’obligation de conduire. On entend beaucoup de choses sur « le vivre ensemble » et sur l’intangibilité de nos valeurs, mais à quel moment les actes suivent les paroles ?

A chaque expulsion ce sont des peurs, des pleurs, des traumatismes que l’on inflige à des personnes de tous âges qui ont souvent déjà eu leur compte d’atrocités et de souffrances. Certains ont quitté leur pays la mort dans l’âme, d’autres, adolescents, n’ont jamais connu que les squats.

A l’heure où le Covid sévit, alors que le froid s’installe, à une semaine de la trêve hivernale, allons-nous jeter ces 300 femmes, hommes et enfants à la rue ? Leurs vies valent-elles moins que d’autres ? Allons-nous pleurer une fois de plus sur notre démocratie alors même qu’elle se détourne ainsi des plus démunis ?

Nous, membres d’Europe Écologie les Verts, militant-e-s et élu-e-s, demandons à la Préfecture de diligenter une enquête sociale sérieuse et de trouver avec toutes les collectivités (municipalités, Métropole, Département, Région) une solution pérenne pour ces familles.

EELV Rive-Droite Hauts de Garonne