Pour la sécurité de tous, non à une ouverture anticipée de la chasse au 1er juin, en plein déconfinement !
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Avis d’EELV- Dordogne 
sur l’arrêté n° DDT/SEER/EMN/20-1166 
relatif à l’ouverture et à la clôture de la chasse

La préfecture de Dordogne s’apprête à prendre un arrêté autorisant l’ouverture anticipée de la chasse au chevreuil, au daim et au sanglier, dès le 1er juin 2020 – au lieu du 15 août habituellement. Cet arrêté permettrait à tous les chasseurs de chasser ce gros gibier individuellement, à l’approche et à l’affût, et d’organiser des battues aux sangliers, tous les jours de la semaine, dès le 1er juin jusqu’à fin février 2021 !

EELV-Dordogne voit dans cet arrêté une contraction de fond, très inquiétante pour la sécurité de tous nos concitoyens.

En effet les Périgourdins, tout juste « déconfinés », ressentent pour beaucoup, davantage qu’en temps normal, le besoin de prendre l’air, notamment avec les beaux jours qui arrivent. Pour EELV-Dordogne, le rôle de la préfecture doit être avant tout, dans le contexte actuel, de permettre aux familles, aux citoyens et citoyennes, de retrouver le chemin de leurs balades, activités ludiques, sportives etc. sans risques pour leur sécurité.

N’oublions pas qu’au niveau national, depuis plusieurs années, le nombre d’incidents de chasse s’accroît et que la chasse est de plus en plus meurtrière, pour les promeneurs et les cyclistes notamment (10 accidents mortels ont eu lieu lors de la saison 2019-2020 1).
De plus le gouvernement demande actuellement, en pleine crise sanitaire du Covid-19 à tous les citoyens français de rester dans leur pays pour la période estivale. On peut donc penser qu’il y aura peut-être davantage de vacanciers nationaux en Dordogne cet été, et qu’une large partie d’entre eux souhaitera sans doute prendre le vert, en profitant de promenades en forêt.

Enfin, comment la préfecture entend-elle, lors des évènements collectifs que sont les battues, assurer la sécurité sanitaire des chasseurs, population sensiblement plus âgée que la moyenne départementale, et donc particulièrement à risque vis-à-vis du COVID-19, alors que les rassemblements de plus de 10 personnes sont encore interdits et qu’un strict respect des gestes-barrières et des mesures de distanciation sociale est demandé à tous nos concitoyens ? C’est d’ailleurs pourquoi toutes les pratiques sportives collectives sont encore interdites jusqu’à nouvel ordre.

Enfin, si l’objectif affiché de cet arrêté préfectoral est « la maîtrise des populations de grand gibier et de leurs dégâts », bien réels notamment chez les agriculteurs, ouvrir la chasse 10 mois sur 12 ne permettrait de traiter que les symptômes d’un mal systémique bien plus profond. En effet, il est prouvé que l’explosion démographique des sangliers en France est notamment dû à la politique menée par les organisations de chasse françaises depuis plus d’un demi-siècle : « Nourrissage, préservation des laies reproductrices, lâcher d’individus élevés en captivité, importation des pays de l’Est, chasse en enclos, hybridation avec le cochon, tout a été fait au cours des cinquante dernières années pour favoriser la prolifération de l’espèce en France », dénonce ainsi l’association environnementaliste la LPO2.

A court comme à moyen terme, la solution n’est donc certainement pas de prolonger la période de chasse pendant l’été, engendrant un dérangement pour l’ensemble de la faune sauvage en pleine période de reproduction.

Les solutions préconisées par EELV sont plutôt l’interdiction totale de l’agrainage des sangliers et de leur élevage ou importation dans un but cynégétique, la fin des enclos de chasse (desquels ils s’échappent régulièrement), l’évolution de la doctrine de « gestion de la ressource cynégétique » concernant notamment les laies reproductrices, et l’indemnisation totale des dégâts commis sur les cultures de tous les agriculteurs touchés.

Ainsi, pour EELV-Dordogne, la faune ordinaire et protégée de nos forêts, les Périgourdins tout juste déconfinés, ainsi que les touristes français possiblement plus nombreux cet été du fait du contexte sanitaire, ont besoin de pouvoir profiter cet été du grand air et de la forêt périgourdine, sans avoir à craindre d’accidentels coups de feu.

En conséquence, Europe Ecologie Les Verts – Dordogne demande à la préfecture de ne pas autoriser l’ouverture anticipée de la chasse au 1er juin 2020 pour le gros gibier, et de la repousser à la date habituelle du 15 août