Au Sahel, une guerre contre la paix ?
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Le président Macron a décidé d’envoyer 600 militaires et 100 blindés de plus pour renforcer l’opération Barkhane. Pourtant, 7 ans après la première intervention au Mali, la menace djihadiste n’a pas reculé, au contraire, elle s’est étendue à tout le Sahel.

Pour Europe Écologie – Les Verts, l’augmentation du nombre de soldats engagés dans une zone de conflit ne constitue pas une solution en soi et ne peut ramener la paix. En effet, la déstabilisation du Mali n’est pas directement liée à l’émergence du djihadisme, mais à la misère, à la corruption, aux inégalités et aux discriminations territoriales, comme au simulacre de démocratie. Dans un tel contexte, l’intervention militaire française ne peut que conforter la survie d’un régime politique corrompu et largement contesté aujourd’hui par les Maliennes et les Maliens qui estiment que les gouvernements successifs n’ont rempli aucune de leurs promesses. Pire, non seulement la situation économique n’a cessé de se détériorer, mais, en plus, les massacres intracommunautaires, notamment dans le centre du pays, sont quotidiens et les groupes salafistes djihadistes continuent de gangrener le territoire malien.

Pour EELV, une telle stratégie est vouée à l’échec et ne sert qu’à protéger les intérêts économiques et politiques de la France ou des entreprises européennes au détriment de la démocratie, de la justice et de la souveraineté des pays concernés. Il ne peut y avoir de paix sans une modification profonde des relations économiques, diplomatiques, culturelles avec les pays du Sahel et plus généralement africains. 

Ces changements passent par la fin de l’extractivisme et du pillage de leurs ressources. Le gouvernement français doit sortir de la Françafrique, favoriser des transitions démocratiques, remplacer les militaires par des forces de médiations et par une aide au développement autonome de la région. Seules des actions de long terme, gérant le fond vert prévu pour leur transition écologique, avec les populations locales et au plus près de leurs besoins peuvent permettre de contrecarrer l’avancée du djihadisme et de gagner la paix.

Alain Coulombel et Éva Sas, porte-paroles