Foire du Gabarier près du contournement avorté de Beynac : encore une vaine tentative de greenwashing de M. Peiro ?
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Le Département de la Dordogne organise ces 13 et 14 septembre, les premières rencontres départementales sur le climat, les mobilités, la biodiversité et les énergies, à Castelnaud-la-Chapelle intitulées « La Foire du Gabarier ». Selon l’annonce du Département, elle « proposera deux jours d’animations et d’expositions avec l’objectif de sensibiliser le grand public et les jeunes aux questions du développement durable et de l’excellence environnementale ». EELV Dordogne se réjouit de l’intérêt affiché par la collectivité et par son président à ces thématiques portées depuis des décennies par le mouvement écologiste.

Les élu-e-s et militant-e-s EELV de Dordogne espèrent qu’il y aura ainsi dans le « village d’exposants » de nombreuses informations disponibles sur une catastrophe écologique en cours à quelques kilomètres du lieu de la foire, à savoir le saccage des rives de la Dordogne à Beynac-et-Castelnaud, par des travaux préparatoires à la construction d’un Grand Projet Inutile.

Bien que les dégâts aient heureusement été stoppés par la justice (jugements du Conseil d’État puis du Tribunal Administratif de Bordeaux en avril 2019) grâce aux efforts de citoyen-ne-s périgourdin-e-s soucieux de l’intérêt général, les habitats de la faune et la flore de cet espace protégé classé Natura 2000, strictement protégé par le droit européen et français, ont en effet besoin d’être restaurés de toute urgence.

EELV Dordogne vient d’ailleurs de déposer une proposition de projet de restauration écologique du site de Beynac auprès du Département de la Dordogne, intitulé « 1 % pour la Vallée de la Dordogne », dans le cadre du Budget participatif de la collectivité (proposition de projet à découvrir ici en détails), et invite tous les citoyen-ne-s à voter bientôt en ligne pour ce projet environnemental capital pour le territoire.

Les élu-e-s et militant-e-s EELV de Dordogne sont également impatient-e-s de prendre connaissance des propositions d’avenir que formulera sans nul doute M. Germinal Peiro aujourd’hui lors de la table-ronde « Mobilités en milieu rural : pas de blabla, des actes ! ».

Osera-t-il citer ce ce projet obsolète et passéiste de contournement routier de Beynac, au titre des « actes » exemplaires du Département en matière de mobilité rurale? C’est pourtant un dossier pour lequel il se dépense sans compter : non content de piétiner le principe démocratique fondamental de séparation des pouvoirs, en faisant un lobbying forcené et illégitime (campagne papier de lobbying pro-contournement aux frais de la collectivité locale au printemps, courriers tous azimuts au président de la République et aux ministres pour remettre en cause les dernières décisions de justice, condamnation récente fin août pour propos diffamatoires contre un opposant au projet…), il a choisi de faire appel devant la justice une énième fois pour tenter encore de sauver, coûte que coûte, ce Grand Projet Inutile, ruineux et destructeur de biodiversité, en demandant un sursis à exécution relatif à la remise en état du site (jugement, définitif espérons-le, attendu ce 1er octobre à Bordeaux).

Osera-t-il lors de cette table-ronde avouer de quelle manière il défend concrètement, comme élu territorial, la mobilité du XXIème siècle et « l’excellence environnementale »? M. Peiro l’a récemment illustré lorsque qu’il défendait l’avancement coûte que coûte du projet de contournement routier de Sarlat (encore un!) devant des entreprises locales. La manière dont il a pesté contre l’État Français – qui a ralenti l’avancement des travaux en ne se contentant pas de l’enquête environnementale au rabais fournie par le Département – est tout à fait révélatrice de la place des enjeux environnementaux quant il s’agit de mobilité en Dordogne aujourd’hui  : « Bien évidemment, on nous a trouvé des habitats d’espèces protégées. Je veux vous le dire, en informer les élus car je ne veux pas passer pour un rigolo. Je me suis engagé, je tiendrai parole. Ce n’est pas une question de financement, en plus, j’y tiens absolument,c’est une nécessité absolue, mais je ne suis pas sûr d’y arriver à cause des délais que va prendre l’enquête environnementale »1.

1  Propos tenus le 6 septembre et rapportés par Sud-Ouest dans l’édition Périgueux du 13 septembre 2019, p. 31.