Glyphosate : victoire en justice, le gouvernement doit en tirer les conclusions et organiser la sortie
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Dans le cadre d’un recours introduit par le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN), le tribunal administratif de Lyon a annulé le 15 janvier la mise sur le marché du Roundup Pro 360 (herbicide à base de glyphosate).

Alors que l’usage des pesticides à base de glyphosate est interdit pour particuliers depuis le 1er janvier 2019 grâce à la loi proposée par le sénateur écologiste Joël Labbé, la décision du tribunal, prise en application du principe de précaution, permet d’envisager la fin de l’usage des pesticides à base de glyphosate pour les professionnels.

Cette décision établit la dangerosité potentielle des produits à base de glyphosate pour les milieux aquatiques et la santé humaine. Elle est particulièrement sévère à l’encontre de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail puisqu’elle pointe l’absence d’étude produite par l’agence permettant d’établir que le Roundup Pro 360 n’est pas cancérogène.

Europe Écologie – Les Verts ayant introduit un recours similaire contre le même produit et contre l’ensemble des produits à base de glyphosate, l’affaire est pendante devant le tribunal administratif de Paris et nous avons toutes les raisons d’espérer que celui ci suive les conclusions du tribunal administratif de Lyon.

Cependant les écologistes appellent l’ANSES et le gouvernement à tirer les conséquences de cette décision. Alors que le gouvernement annonce « une sortie dans 3 ans » du glyphosate depuis bientôt deux ans sans rien entreprendre, l’ensemble des produits présentant un risque pour l’environnement ou la santé humaine doivent voir leurs autorisations suspendues, en vertu du principe de précaution. Et les agricultrices et agriculteurs doivent bénéficier d’un plan d’urgence pour les accompagner dans la transition vers une agriculture moins dépendante des produits chimiques, plus rémunératrice, et plus intensive en emplois.

Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux