Changer notre alimentation pour répondre à l’urgence climatique
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Le lancement d’un « lundi vert » (sans viande ni poisson) par un collectif de citoyen·ne·s et de personnalités a provoqué de nombreuses réactions, à la hauteur de la lente mais inexorable évolution de nos rapports aux animaux et à l’ensemble de notre environnement. Europe Écologie – Les Verts soutient toute démarche ou initiative permettant de repenser nos modes d’alimentation et de consommation afin qu’ils deviennent soutenables et équitables pour tous les habitants de notre planète, les humains comme les animaux.

Passé le constat se pose la question de l’action et des moyens à mettre en œuvre pour faire évoluer notre société et trouver un nouvel équilibre, celui d’une société ouverte, en transition, vers un autre rapport aux animaux.

Rendre à l’animal sa dignité

Jamais dans nos sociétés contemporaines le traitement des animaux n’a autant fait débat. Cette prise de conscience est légitime car jamais nos sociétés n’ont mis à mort autant d’animaux qu’aujourd’hui : en France, plus de 3 millions d’animaux sont abattus par jour, dans des conditions souvent déplorables. Jamais elles n’ont autant imposé aux corps des animaux un tel rendement économique.

Paradoxalement, jamais elles n’ont autant appauvri la diversité du vivant.

Les écologistes prônent la non-violence et le respect de l’animal comme élément structurant de notre façon de vivre, reconnaissant de ce fait l’incontournable interdépendance des espèces
constituant le fondement même de la survie. Cela implique la transformation du rapport humain/animal en une coopération respectueuse de chacun et non une exploitation.

Cette mutation est incontournable si nous voulons continuer à nourrir l’humanité et permettre à la faune et à la flore sauvages de survivre. Ce n’est pas par la violence (verbale ou physique) que nous y parviendrons.

Des paysans pour un élevage à taille humaine

Europe Écologie – Les Verts se bat depuis sa création pour la préservation et la promotion d’un modèle agricole soutenable, pour la biodiversité et la préservation des terroirs, rémunérateurs pour les paysans. Cela passe par :

·        des conditions d’élevage ou de détention des animaux qui respectent leurs besoins élémentaires, en terme d’espace, d’alimentation, d’habitat, de psychologie, de vie sociale, de santé et leur garantir une absence de souffrance et de stress ;

·        la fin de pratiques cruelles subies par les animaux d’élevage : détention des poules et des lapins en cage, castration à vif et coupe des queues des porcelets, transport sur de longues distances et mise à mort des poussins ;

·        un véritable soutien au revenu des paysan·ne·s, en osant la mise en place de mécanismes contraignants sur le partage de valeur et en ciblant le soutien public aux développement des filières équitables.

Rappelons-nous, ce sont principalement les agricultures paysannes qui nourrissent le monde : 70 % de la nourriture produite provient d’exploitations paysannes. Nourrir le monde de
demain passera par l’agriculture des paysannes, des terroirs.

Réduire notre consommation de produits animaux pour répondre à l’urgence climatique

Avec 3 à 9 calories végétales nécessaires pour produire une calorie animale, les végétaux sont les champions de l’efficacité énergétique alimentaire. Pour autant, tous les modes d’élevage n’ont pas un impact identique sur le climat. Les élevages intensifs, surtout bovins, ont une forte empreinte carbone à cause de la digestion des animaux et de la déforestation liée aux cultures fourragères massivement importées. Les élevages extensifs ont un impact moindre mais ils ont besoin de davantage de terres, indisponibles si nous devions convertir en extensif l’intégralité de notre consommation de produits animaux.

Si l’adoption d’un régime végétarien ou végétalien demeure un choix personnel, l’urgence climatique et environnementale impose la nécessité d’engager la France et l’Europe dans la transition alimentaire vers une consommation plus végétale, durable, saine, respectueuse de l’environnement, des animaux et des humains.

les commissions Agriculture et ruralité et Condition animale d’Europe Écologie – Les Verts