Pacte sur les migrations : désormais, il faut agir
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Le pacte des Nations-Unies pour les migrations a pour objet de répondre aux questions migratoires, afin d’apporter une réponse plus digne à la détresse de celles et ceux qui fuient la misère, l’oppression ou la guerre. Il accompagne cette meilleure coordination de l’action à l’échelle internationale de mécanismes de suivi des mesures.

Malheureusement, la droite et l’extrême droite européenne ont instrumentalisé la conférence intergouvernementale de Marrakech, point d’étape purement formel, pour alimenter les craintes en complot et dérives nationalistes. Les écologistes condamnent cette attitude irresponsable.

Le dérèglement climatique, les pollutions des terres engendrées par l’exploitation sans réflexion de firmes internationales dans des pays tiers, l’extraction des ressources fossiles et minérales (pétrole, charbon, gaz, uranium, etc.) par les pays occidentaux dans les pays du Sud, au détriment des populations locales, et l’ensemble des activités humaines qui se soustraient à la logique de respect de l’environnement sont autant de facteurs qui viennent accroître et provoquer les migrations forcées.

Le statu quo en matière de lutte contre le dérèglement climatique ou de réduction des inégalités conduit nécessairement à aggraver ces flux dans les années à venir. Pour anticiper les changements à venir et assumer le rôle qui est le sien, l’Union européenne doit dès à présent agir.

Pour Europe Écologie – Les Verts, l’Union européenne doit se doter d’une politique d’accueil de ces personnes à la mesure de l’enjeu : le changement climatique est déjà la raison du déplacement de 25 millions de personnes en 2017 ; elles devraient être 250 millions dans le monde en 2050, ces déplacements s’effectuant principalement au sein des pays au Sud. Pour répondre à cette crise, l’Europe doit créer un statut de réfugié environnemental. Cette protection permettra notamment, en complément de la Convention de Genève qui doit être préservée, d’accueillir les populations devant déjà fuir leurs territoires devenus inhabitables du fait des changements climatiques.

Nous saluons à cet égard le travail des écologistes européens qui ont obtenu le soutien du Parlement européen pour la mise en place au niveau européen d’un système de visas humanitaires pour les ressortissants de pays tiers à solliciter auprès d’ambassades et de consulats situés en dehors de l’UE. Cette dernière doit à présent démontrer qu’elle peut proposer des alternatives humaines à la question des migrations, plutôt que de se contenter de verser de l’argent à des régimes plus que douteux aux antécédents médiocres dans le domaine des droits humains.

Partout, les pays qui s’insurgent contre cette convention de Marrakech ont en commun de prôner la haine de l’autre et de faire du repli identitaire la clef de voûte de leur politique. Autriche, Hongrie, Pologne, Brésil, Etats-Unis, autant de pays qui refusent de s’engager dans la voie du respect des droits humains et qui utilisent les migrations comme outil de diversion de politiques économiques injustes.

L’opposition qui émerge aujourd’hui rappelle celle que l’on connaît en Europe où nationalistes et écologistes proposent deux visions diamétralement opposées du monde.

Pour les écologistes, nul fantasme de retour à un passé imaginaire. Loin de tout repli ethnique ou nationaliste, nous clamons que l’écologie, c’est la réconciliation du local et du global et la préparation de l’avenir.

Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux